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ÉVÉNEMENTS

Le Portugal, 900 ans de nation : João Paulo Oliveira e Costa à la Chaire Eduardo Lourenço

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

La Chaire Eduardo Lourenço a accueilli, ce lundi 30 mars de 15h à 18h (salle du Colloque 1, bâtiment Multimédia, Campus Schuman d'Aix-Marseille Université), le professeur João Paulo Oliveira e Costa pour la septième séance de son cycle « Ariadne | Cin ». L'historien portugais y a présenté une conférence consacrée aux neuf siècles d'histoire du Portugal comme nation, en s'appuyant sur son ouvrage Portugal e o Património da Humanidade (Temas e Debates, 2025), dont la séance a marqué le lancement officiel en France.



Un historien de l'expansion portugaise et du patrimoine mondial

Professeur titulaire au département d'histoire de la Faculté des Sciences Sociales et Humaines de l'Université NOVA de Lisbonne depuis 1990, João Paulo Oliveira e Costa est titulaire de la Chaire UNESCO « Le Patrimoine Culturel des Océans » depuis 2016. Docteur en histoire (1998), il a dirigé le CHAM - Centre d'Humanités de 2002 à 2020. Spécialiste de l'expansion portugaise et des relations luso-japonaises, il a reçu en 2015 l'Ordre du Soleil Levant, décoration remise par l'Empereur du Japon. Il est membre de l'Académie de Marine et président de la Commission Scientifique du projet « Portugal, 900 Anos ».


Le Portugal, exception européenne de la longue durée

La conférence a posé une question centrale : comment un petit pays a-t-il pu devenir l'un des plus anciens États-nations au monde ? Le Portugal fête en effet ses 900 ans : d'Afonso Henriques, qui s'intitule roi à partir de 1139, jusqu'à la reconnaissance papale par la bulle Manifestis Probatum d'Alexandre III en 1179, les bases de l'État portugais ont été établies en quelques décennies. Alors que le concept d'État-nation est souvent associé au XIXᵉ siècle, le Portugal fait figure d'exception : ses frontières sont fixées dès 1297 par le Traité d'Alcañices, signé entre le roi Denis Iᵉʳ et la régente de Castille, et demeurent quasi inchangées jusqu'à aujourd'hui.


Les 17 sites UNESCO comme preuves d'identité

Dans son ouvrage, João Paulo Oliveira e Costa analyse les 17 sites portugais inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO pour démontrer que le patrimoine n'est pas un simple héritage figé, mais un outil politique et identitaire vivant. L'architecture militaire médiévale en est un exemple : les châteaux du XIIIᵉ siècle n'avaient pas qu'une fonction guerrière, ils marquaient visuellement l'autorité royale sur l'ensemble du territoire. La forteresse de l'île de Faial, aux Açores - dernier bastion à tomber en 1583 face à Philippe II d'Espagne -, illustre la résistance d'un Portugal qui refuse de s'éteindre même dans ses archipels lointains.


L'un des moments forts de la conférence fut l'évocation des gravures rupestres de la Vallée de Côa. En 1995, le gouvernement portugais décide d'arrêter définitivement la construction d'un barrage hydroélectrique pour préserver ce site paléolithique, classé depuis 1998 au patrimoine mondial. Pour Oliveira e Costa, cet acte illustre une philosophie centrale de son ouvrage : l'identité d'un peuple réside dans sa mémoire longue, et non dans ses profits immédiats.



Échanges autour de l'histoire et du patrimoine

La séance s'est conclue par un moment d'échanges entre étudiants et enseignants-chercheurs, articulé autour de trois axes : le Portugal comme nation façonnée par neuf siècles d'histoire et par sa géographie ; l'ouvrage Portugal e o Património da Humanidade (2025) ; et les enjeux liés à la valorisation du patrimoine portugais à l'international.


Bouna Diallo (Étudiant Master 1 LLCER)

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